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Littérature sénégalaise
par Claire FABRE
A l'ombre pour la lecture par Rachel Tanugi Ribas - Mon Sénégal
« Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie. »
Extrait de Chants d’ombre, 1945, Femme noire de Léopold Sédar Senghor
La littérature sénégalaise est liée à l’histoire de l’Afrique de l’Ouest et à toutes les influences occidentales et arabes qui ont traversé le pays. Autant de sources qui l’irriguent. Mélanges des idéologies européennes, de la tentation du progrès et de la mélancolie des traditions ancestrales. Le nom de Léopold Sédar Senghor est bien évidemment le premier qui vient à l’esprit.
« Celui qui n'a pas honte » (Sédar Senghor en sérère), ardent défenseur du concept de négritude, premier président de la République du Sénégal, sut allier l’action politique à une carrière d'écrivain fécond. Il a donné à la littérature sénégalaise ses lettres de noblesse. Ses poèmes (Chants d'ombre, 1945 ; Hosties noires, 1948 ; Éthiopiques, 1956 ; Nocturnes, 1961) tout autant que ses essais : Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, 1948 ; Nations et voies africaines du socialisme, 1961-1964 ; Liberté I à V, 1964-1993, ont établi sa renommée. La littérature sénégalaise s’est écrite à deux voix.
La voix des hommes : les romanciers de la première génération ont souligné le paradoxe tradition-modernité (Abdoulaye Sadji, Cheikh Amidou Kane) et exprimé la réalité sociale de leur pays (Ousmane Sembene). Une écriture plus individualiste se dessine aujourd’hui avec Boubacar Diop, Cheikh C. Sow, Amadou Lamine Sall ou encore Cheick Aliou Ndao.
N’oublions pas les conteurs et poètes comme Birago Diop, Hamidou Dia ou encore Amadou Lamine Sall.
La voix des femmes : depuis les années 1970, les femmes de lettre décrivent les traits d’une société que les Européens ignorent. La vie quotidienne, le portrait de Dakar, la tragédie du SIDA sous l’angle féminin et les coutumes du pays parfois aliénantes… Citons : Aminata Sow Fall et Mariama Bâ mais également Adja Ndèye Boury Ndiaye, Nafissatou Niang Diallo, Abibatou Traoré ou encore Aminata Maïga Ka.
En matière dramaturgique, c’est la langue vernaculaire qui prime et rares sont les pièces de théâtre jouées et écrites en français. Mais à Dakar il est recommandé de faire un tour au Théâtre national Daniel-Sorano. Le théâtre sénégalais a révélé de nombreux auteurs comme Birago Diop (L'Os de Mor Lam, 1977), Bilal Fall (L'Intrus, 1981), Abdou Anta Kâ (Gouverneur de la rosée, 1972), Mbaye Gana Kébé (L'Afrique a parlé, 1970), Cheik Aliou Ndao (Du sang pour un trône, 1983), Marouba Fall (Chaka ou le Roi visionnaire, 1984).
Je cours chez mon libraire !
- Une si longue lettre de Mariama Bâ. Les Nouvelles Editions Africaines, 1979. Une femme réfléchit à sa condition de femme pendant les 40 jours de deuil traditionnels qui suivent la mort de son époux.
- Un chant écarlate de Mariama Bâ. Néas, 1982. Le mariage d’un Sénégalais avec une Française. Les difficulté de la rencontre entre deux cultures.
- Les Contes d’Amadou Koumba de Birago Diop. Présence africaine, 1996. Contes africains transcrits avec récit de griot.
- Racines d’Alex Haley. J’ai lu, 1999. Un écrivain américain revient sur ses racines sénégalaises et raconte l’épopée de son aïeul déporté.
- Les Gardiens du temple de Cheikh Hamidou Kane, 10/18. 1971. L’ambiguïté d’un pays qui tente de se frayer un chemin vers la modernité, mais n’échappe pas à ses croyances (prix Rachid Mimouni en 1996).



